visiteur    Bienvenue à zipzip ! Visiteurs connectés : 3 La page Facebook du site   Le twitter du site   Syndiquer tout le site
Le cadavre exquis boira le vin nouveau

Accueil > Nouvelles > Journal anachronique d’un jeune loser.

Note des lecteurs
1 vote

Journal anachronique d’un jeune loser.

Ratoun3t

samedi 17 octobre 2009

17 OCTOBRE 2009

La lettre de son avocat est arrivée.
Pleine de mensonges, et de mauvaises intentions.
"Ils" veulent renier ma souffrance, ma solitude, ma tristesse, et toutes ces années de misère.

J’ai l’impression d’être le seul a savoir la véritée.
L’impression qu’ils parlent de quelqu’un d’autre.
C’est tellement compliqué.
Et inhabituel.
Même dans le monde des "cas-sociaux", je suis une exception.

Car...
Je n’ai jamais rien choisi.
Ou si peu de choses.
Mais aux yeux du monde, je suis...
UN BATARD.
Père d’un ange.

Les dates seront imprécises, les souvenirs en resteront exatcs.
Et je vais profiter de cet espace, pour raconter ma vie, de façon anachronique, et disperçée, pour ceux, qui veulent la lire.

Vos commentaires, seront toujours les bienvenus.

ANNEES 80, Bobigny, Seine St Denis.

_"Bordel, papa-maman, faut qu’on déménage, c’est dur de grandir ici quand on est petit, blond, et trop naïf".

Avant d’aller a l’école, j’ai acheté pour 10 francs de bonbon, et je cours.

Ils sont a ma poursuite, eux, mes "camarades" qui n’ont pas d’argent de poche.
Mes chaussures neuves me font mal aux pieds et ils me rattrapent.

Maman m’a pourtant bien dit : "n’abîme pas tes chaussures neuves" mais je n’ai pas le choix, je dois passer par ce terrain boueux et humide.
Mes pieds s’enfoncent profondément a chacun de mes pas.
Ce qui fait bien rire mes poursuivants.

Ils retournent vers l’école, en riant.
Je n’ai aucune idée du moyen de décrotter mes souliers, ils sont littéralement recouverts de boue, ce qui forme des sortes de "pâtés".

"Squitch....squitch....squitch"...je marche lentement dans la cours, sous les moqueries du public.
Une institutrice me donne du sopalin pour nettoyer le plus gros.
Le soir, je dois affronter ma frustrée de mère, qui doit surement se demander pourquoi elle a fait un gosse aussi con avec cet énergumène-alcoolique qui ne rentre pas ce soir.

_"Papa-Maman, j’en ai marre d’habiter ici, pitié, déménageons a la campagne, loin des tours de cette citée".

ANNEES 90, Bobigny, Seine St Denis.

Nous sommes une petite dizaine.
Tous le crâne rasé et dans des états plus ou moins avancés d’alcoolémie.
Le communisme ? Le trotskisme ? le léninisme ? voir le stalinisme ?
On ne sait même pas ce que c’est, ça nous réuni, ça nous sépare des fachos et aussi de la racaille ambiante.

Nous devons être pires que les autres, plus violents, plus "productifs", pour survivre et gagner la confiance des autres bandes de la région.
Nous avons notre territoire, loin des tours, parmi les pavillons bourgeois qui appartiennent (paradoxalement) aux prolos du coin, que nous visitons allègrement, chaque soir, en silence.
"Chez les autres" ?
C’est "chez nous".

Qui ramène un vélo, un magnétoscope, ou des clefs de bagnole est le héros du soir.

Braquer des vigiles avec des pistolets fluos, balancer des frigos sur les voitures de patrouilles, dealer du plastique, faire du dix contre un, sans aucune pitié, fracasser du clochard, faire des graffitis dans le métro entre midi et deux, est notre pain quotidien.

Belle époque de liberté, illusion de puissance, nous n’étions que de petits cons, je l’avoue.
Nous faisions bien marrer les plus grands, les adultes de notre communauté, les "red-warriors" , les "ducky boys" et les "requins vicieux" nous aimaient bien, quand ils nous croisaient, aux puces de clignancourt...nous étions des mini-redskins...sortes de poupées barbie rigolotes a leurs yeux.

Moi...je survivais.
Je faisait semblant d’être dur, et cruel.
Que j’approuve ou non nos actes n’y change rien, j’étais aussi responsable que les autres.
Pas de regrets, nous ne faisions que nous adapter a cet environnement hostile que nos parents nous avaient imposés.

_"Papa-Maman, a la campagne, c’est des ploucs...c’est NOUS les meilleurs".

_"Ha" ?

_"Papa-Maman vous êtes trop occupés a vous taper sur la gueule ?"

_"Ok, je repasserais, je retourne dans le hall"

Enfin...a défaut d’être respecté, j’étais toléré dans la cité.

Et puis...la drogue est arrivée, la vraie, la dure, celle qui fait plonger.

Tout se brouille dans ma tête, j’ai beau chercher...les bons et paisibles moments sont rares...du 27 décembre 1973 a ce 23 décembre 2009...je n’ai fait que...

MORFLER.
Pourvu que ce soit fini.
Je suis sur la bonne voie et il ne tient qu’a moi et a mon foie....

Pourvu que le juge...me rende ma gosse.

Amis du soir, bonsoir.

23 décembre 2009

Pourquoi et comment j’en suis arrivé a ne plus croire en rien, ni en personne.
Raconter cette vie de merde n’est pas une solution.

La seule question est :

Comment en finir, et mettre un terme a tout ça, sans douleur, a coup sur, et sans doutes.

Etre mignon ne sert a rien.

Etre cultivé ou passionné ne sert a rien.

Etre entouré, par qui que ce soit, n’est jamais une valeur sure.

La trahison, et l’hypocrisie règnent.

Vos enfants ne vous appartiennent pas.

Vous n’ êtes RIEN.

Les juges décident.

Du haut de leur salaire mirobolant et de leur "autre monde".

Mon meilleur ami est mon canapé, et ma couverture.

Mon frigo, mes frites, mes steaks, ma bouteille de whisky, ma déclaration d’impôts, mes factures, ma pension alimentaire, cette petite fille que je n’ai pas vu depuis sept années.
Une vie, vide de sentiments.

Prier , tous les soirs, pour ne pas voir le lendemain.
Epargner , a tout jamais, ceux qui ont eu le malheur de m’aimer, un tout petit peu.

Etre un homme, de nos jours, c est être un chien.
C’est se méfier et ne rien espérer.

Cette vie n ’a eu, n’a , et n’aura, aucun intérêt a part celui d’être un boulet pour ceux qui aurons osé servir de béquilles.

Je ne demande qu’une chose, c ’est ma seule prière.

NE PAS VOIR DEMAIN.

Ne plus jamais me réveiller.
Ni a avoir a affronter ce monde sans amour véritable.
Je HAIS cette vie, je ne demande rien d’autre, que de m’épargner ce lendemain.
Dont je ne veux aucunement.

Pitié, que cette histoire merdique aille une fin heureuse, seul, dans mon lit, m’endormir, a tout jamais.

Je n’ai jamais rien demandé.
Ce soir, je ne veux qu’une chose.

Qu’on m’épargne.

Et si je commençait en disant : "la vie est belle"

A cette heure, et dans cet état, je trouve que oui, elle est belle, mais faites gaffe, c ’est que mon 2eme verre de whisky.

Je suis beau.
Pas si con.

Je devrais être moins...réservé.
J’adore cet adjectif..."réservé".

C’est un adjectif gauchiste de prolo-modeste.
On fait gaffe aux gens, on a des "réserves" de toute façons.

Des réserves d’humanités.

Y a pire, y a pire, je le sais, et c’est une force.

Comme...

Cette fille, a Château-Rouge, Paris 18ème, qui vivait dans une sanisette décorée, elle avait même trouvé le moyen de poser des étagères dans SA sanisette a ELLE.

C’était (finalement) plus des chiottes publiques, puisque c’était chez elle.
Mais c’était Amsterdam...chez elle, drogue, prostitution, et café-biscottes.

J ’ai aussi connu un ancien-pdg, qui le soir, rejoignait SA cabine téléphonique, pour y dormir.
Il s’installait son "petit-chez-lui" en calfeutrant la cabine de vieux cartons.
L’avantage ?
C’est qu’il avait le téléphone et la lumière.

Le téléphone pour appeler le 115, au cas ou un mouroir se libérait dans la soirée.
Il ne parlait pas.
Mais il lisait.
A la lueur du néon public.

J’ai connu un gars plutôt sympa, travailleur, cultivé, un papa-poule plutôt "beau gosse" qui avait choisi de divorcer...malgré la gosse.

On appelle ça un travailleur précaire, pour éviter de dire carrément SDF, sinon...ça gènes le juge aux affaires familiales.
Ce mec la vivait dans sa bagnole, avec son auto-radio, ses sapes, ses comic-books, et sa mauvaise-conscience.
Pendant 6 mois, il s’est réchauffé, tout seul, dans sa R21, avec une bouteille de vodka bas de gamme.

En oubliant qu’il était papa.

Le juge ?

Pendant ce temps ?

Il faisait des crêpes a ces gosses.

Au chocolat.

Des litres, et des litres, et des litres.

Je pourrais errer sur le web, a chercher l’amour ou une quelconque compréhension.

C’est plus facile de poster ici, sans réponse, ni avis contradictoire.
Tout dire, anonymement, sans récompense,
Ni amour, ni haine.

Misogyne est un faible mot.
Si au moins j ’aimais les mecs.
Mon dieu, je vous le demande, est-il possible d être une femme et d ’être dotée de sentiment en même temps ?

Comment vais-je pouvoir partager la même table que celles qui m’ont volé mon enfant ?

Plus d’amour, ni de confiance, je ne veux que, voir ma gosse.

Ce sera la seule femme de ma vie.

Par pitié, expliquez moi, ce qui vous pousse a être si monstrueuses et a vous servir de nous enfants pour nous faire morfler.

J ai 36 ans demain, j ai une petite fille créative, et spirituelle que je ne connais pas.

Dieu bénisse les juges aux affaires familiales, eux seuls savent TOUT sur TOUT, du haut de leurs 3000 euros/mois.

Qu’ils crèvent, eux, leurs parents et leurs enfants.
Juste éradiquer leur race.
Car tout ceci est un bizness , bien organisé.

Un poids , deux mesures.
Car chez "eux" , c est différent......les juges s’occupent des gosses de goy, et des leurs, de façon ULTRA différente.

Ces "gens-la" m’ont SPOLIE la gosse.
En utilisant le POGNON.

Je suis, et resterais un blanc, un FRANCAIS, père d’une petite fille, courageux, travailleur, honnête, gauchiste, anti-raciste, libre, célibataire.

Vous êtes le mal.
Des voleurs d’enfants.

J’y arriverais, je serais papa, gauchiste et j ’apprendrais a ma gosse a vous hair.
Appelez vos juges, vos avocats et vos notaires, un papa est réveillé.

Aillez honte.
Vous n’avez rien d’humain.

Aucune.

Je vous hais.

Sans distinction.

Ma seule fonction c ’est d’appliquer ce gloss rose parfaitement.
Me faire des yeux de chats.
Sentir bon du string.
Me faire engrosser et avoir tous les droits.

Je suis....
Un démon.
Soutenu par "cette"justice" qui n’a de juste que le nom.

Allez....bon golf, madame le juge.

Fin des années 80, un 24 décembre.

Papa a coincé maman contre le radiateur.
Hallucinant...cette façon de ne pas retenir ses coups.
Façon "match de boxe" papa défonce le ventre de maman.

Pendant ce temps, a 2 mètres de là, je file de la soupe au petit frère, qui du haut de ses 2 ans et demis, ne se rend compte de presque rien.

Rho.
Les cris doivent bien lui mettre la puce a l’oreille.

Bordel, ca y est, il commence a réaliser.
Je chope le gamin, j’ouvre la porte de cet appart merdique du 8eme étage...et nous finissons dans la cage d’escalier.

A la fin du round, ils réalisent que leurs enfants ne sont plus là.
Reviennent nous chercher sur le palier, et tout le monde au lit.

Le lendemain, le père noel est passé, nous avons nos super-cadeaux qui coutent cher, et nos parents font semblants d’être heureux.
Je les hais.

Je suis un fils d’abrutis.
C’est un fait.

1ere étape :
- se laver le visage et les mains.

2eme etape :
- tout raser, plus aucun poils.

3eme etape :
- se maquiller parfaitement.

4eme etape :
- mettre sa perruque et se faire un chignon (les mecs adooorent les chignons)

5eme etape :
- sauter dans ses talons, ses bas, et sa jupe écossaise.

6eme etape :
- rencontrer un inconnu et oublier d’être hétéro.

7eme étape :
- Mourir sans regrets.

Dieu bénisse Fadéla AMara.

God damn, i m a hater.

Comment survivre en 2010, quand on es alcoolique , drogué, violent, de gauche et travesti ?

Ben..

Suffit d’avoir un truc a fumer, un truc a boire, un mec de droite sur lequel taper, et des bas nylons.

Ce soir, ne me manque que le mec de droite, mais je sens que je vais en choper un (vieux de 55ans, poilu, et célibataire depuis toujours) sur meetic, c ’est qu’une question de clics.

31 decembre 2009, face a mon verre, juste avant l épilation intégrale et la mutation H/F

C’est surement mon coté pd qui faisait peur aux copains.

J’veux dire....en plus de mon coté punk-violent-drogué a mort-sans aucune pitié.

Ils avaient toujours peur de me tourner le dos, pour ces deux raisons.

Dorénavant...c’est moi qui tourne le dos volontiers a de parfaits inconnus, pour le plaisir de me faire du mal, ho oui, ho oui, fait moi oublier les femmes, leurs avocats, leurs mensonges et leurs caprices (et paf).

Mais a l’époque, je pouvais pas me permettre, c’est moi qui gardait les savonnettes, les sacs pleins de "choses volées", et le pit-bull collectif....je devais préserver les apparences.

Dieu bénisse le démaquillant ultra-puissant qui m’a sauvé la vie plus d’une fois.

Entre salop et salope, j’ai du jongler.

Ha la la , j ’en ai vu passé, des perruques.
J’me suis fait des couettes, et des queues de cheval, entre deux fixes.

La plus belle période de ma vie ? C’est celle ou j’etais LIBRE sur Paris, d’être une faible poufiasse, ou d’être Mister Mother Fucker.
Faire du fric, et avoir des relations humaines, c’est le point communs des putes et des dealers.

Moi j’étais les deux.

Trouver un mec pour ce soir ? Trop facile, j ’ai déjà 15 réponses a mon annonce de ce matin.

Trouver une femme sympa, franche, ET sexy pour la vie ? Mission impossible
Qui voudrait d’un MONSTRE telle que moi.

Je crois que la poufiasse qui est en moi, est en train de bouffer le reste. Je hais ce syndrome... c’est une maladie qui attaque la vie sociale.
Nous empêche d’avoir une vie normale, et nous oblige a jongler en permanence avec le reste du monde.

Allez...

Ce soir, je me fait plaisir.

Je m’épile intégralement, je me fait une french, un peeling, et je saute dans ma robe de soirée, j’ai rendez-vous avec James Bond.

Drogue, et alcool, pervertion et décadence !

Bon réveillon a vous, collègues normaliens.

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1.....

ZERO !

Que personne ne m’embrasse, vous allez niquer mon gloss !

1990, service militaire a l’aéroport X, dans la....gendarmerie.

Je suis dans mon uniforme de keuf, et j’ai découvert l’eau écarlate.

Tu connais pas ? C’est comme le k2r, mais en moins onéreux.

Les heures de gardes passent plus vite comme ça, moi, ma guérite, mon PA, mon mouchoir plein d’eau écarlate, et mon képi a la con.

Snniiiif ! Sniiiif !
Toutes ces couleurs, la façon dont les jets-privés décollent, dans de superbes giclées de lumières multicolores, c ’est merveilleux.

Tu vois passer Alain Delon, Gérard Depardieu, et d’autres têtes de cons.
T’ouvres la barrière, ils ont un "laisser-passer" , eux y sont arrivés, et toi ?
T’es d’la merde, mon pote.

Mais une merde avec une arme.

Trop lourde pour toi.

Un uniforme.

Trop court pour toi.

Les jours de perm, je chausse mes paraboots, et mon bomber kaki, je prend de l’acide avec mes copains punks, et je me saoule la gueule avec mes amis neuskis.

Elle est pas belle la vie ?

La suite ?

C’est me faire réformer et tenter le bizness de teushi.

Une autre "réussite".

En savoir + sur l'auteur ? Ratoun3t

Cette nouvelle a été mise à jour le jeudi 10 octobre 2013

Vous avez apprécié ?
1 vote
Mes autres sites web