visiteur    Bienvenue à Maxou L'ours ! Visiteurs connectés : 0 La page Facebook du site   Le twitter du site   Syndiquer tout le site
Le cadavre exquis boira le vin nouveau

Accueil > Textes collectifs > L’ultime distraction de Martial

Note des lecteurs

L’ultime distraction de (...)

Yan

Texte initié le vendredi 15 mai 2009

C’est confortablement installé dans le salon sombre de sa maisonnette, que l’esprit de Martial bondissait d’années en années et de malheurs en bonheurs.

En quelques années d’entrainement, il était devenu particulièrement doué pour cela et il adorait ces moments qui brisaient son immense solitude et qui endormaient les multiples douleurs de son vieux corps.


Des gémissements venus de l’extérieur extirpent Martial de sa rêverie.

Il se lève et s’accoude au radiateur de la fenêtre du salon pour assister au spectacle un peu surréaliste offert par la nature délaissée de son jardin..

Le vent très violent n’avait pas attendu pour précipiter Samy dans sa haie de pyracanthas.

Samy c’est son préféré, celui qui pousse une brouette.

Samy c’est le chef des nains qui peuplent son jardin.


Depuis quand Samy avait-il élu domicile chez lui avec sa troupe de jardiniers miniatures ?

Le temps, ah, le temps, cela lui semblait bien relatif à présent ! Il se contentait de l’associer à des moments marquants de son existence, des odeurs, des sensations fugitives, des bruits qui le maintenaient ou le sortaient à volonté de son présent.

Des bruits... Celui des petits branchages et de feuilles malmenés par la chute de Samy le ramena justement le jour où....



Le jour où un écureuil était apparu sur une basse branche du vieux chêne, (il aimait particulièrement ce souvenir là), on pouvait a peine suivre l’éclair brun-roux de son passage le long du tronc de bond en bond, puis il s’était immobilisé, avait tendu ses petites pattes, saisit un chapelet de glands, et là, il grignotait, assis paisible, son panache de queue lovée derrière lui.
C’était alors qu’il avait décidé de vivre en ermite là dans sa maison en bordure de la forêt.
Puis Samy l’avait rejoint et avec lui d’autres nains jardiniers en porcelaine, en ciment, et hélas même en plastique !



Samy, et sa barbe grise, sa jolie salopette rouge un peu écorchée aux genoux. Samy est en terre cuite et chaque chute le fait voler en éclats.

Ô combien de fois Martial dût le recoller, après une tempête, une giboulée de mars. Avec l’adresse, la précision d’un chirurgien, et surtout, tout l’amour d’un père, le petit éclat entre le pouce et l’index gauche, et dans la main droite, un tube de super-glu. Comme il en fallut, plus d’une fois, de la patience pour que Samy retrouve sa superbe !

Et Martial, tout comme Gepetto, se met à espérer que son nain deviendra de chair et d’os.

Alors, tous les dimanches, dès l’aube, Martial (...)



...se lève et s’en va dans la fôret profonde, prier dans la chapelle consacrée aux Septs-nains de l’histoire de Blanche-neige, devenus Saints pour avoir su résister à la jeune beauté de leur compagne, et à ses ardeurs de pucelle.
Il prie plus particulièrement Saint-Grincheux, saint-Atchoum et saint-Simplet qui ont sa préférence.Sur l’autel de Saint-Atchoum, il dispose des mouchoirs tout neufs, à Saint-Grincheux il offre un bon livre de blagues poilantes, et à Saint-Simplet une simple fleur des champs.
Alors à genoux devant leur image (© WaltDisney) il invoque leur grâce afin que se réalise son souhait, qui est que Samy devienne vivant. Il prie profondément, des heures durant avec ferveur, et ceci depuis des années, mais rien n’arrive.
Mais soudain, un dimanche comme les autres, alors qu’il est âbimé dans sa prière....



... il sent une présence à côté de lui, un souffle chaud court dans son cou et perçoit comme un léger chatouillis sur son oreille. Il n’ose pas bouger, quand soudain une voix lui sussure : "bonjour ! vous aussi vous aimez cette chapelle ?".

Lentement il tourne la tête et là, se lève d’un bond, puis tombe à genoux, en larmes "Merci Mon Dieu, merci" ! Et de tâter son nain, son Samy d’amour devenu homme parmis les hommes. Et il explore : la tête, caresse la barbe, passe ses mains sur son ventre rebondi, descend un peu plus (oh ! Mon Dieu ! rien a été oublié, Samy est bien un homme !), il fait glisser ses doigts le long des jambes, des pieds qu’il embrasse. "Samy, mon Samy, tu es un homme mon nain !"

Samy se dit que là, franchement, il a à faire à un illuminé, un ravi de la crêche. Il se râcle la gorge "Je vous en prie, remettez-vous mon brave, je ne mérite pas tant de dévotion, et relevez-vous que diable (oups Pardon Mon Seigneur), comment vous appelez-vous ?!"

Matial se relève lentement en faisant le signe de croix "C’est moi Martial, ton papa, tu es vivant, je t’aime !". Et il le serre dans ses bras. "Comme tu es grand, lorsque tu étais dans mon jardin, tu ne faisais pas plus de 20 cm, et te voilà un grand gaillard, que tu es beau, que tu es joli, si ton ramage se rapporte à ton plumage... mais, je m’égare...".

Samy se râcle la gorge, de plus en plus perplexe, mais très diplomate il annonce "Bien, enchanté Martial, je dois dire que j’ai là un disciple bien dévoué, je pense qu’il n’est pas nécessaire de vous demander si vous voulez faire parti de ma liste ?"

Et oui, vous l’avez compris, Samy n’était pas Samy, mais Robert Hue en pleine campagne électorale !

Toujours sous le choc de l’apparition, Martial n’entendait qu’un mot sur quatre et continuait de malaxer Bob comme une éponge.

Cette fois, un tantinet agacé, Robert...



lui intima : "ne nous égarons pas, mon brave, et d’abord, de quel nain parlez-vous ? Mais, laissons cela de côté, votre enthousiasme à mon égard me fait chaud au coeur et nul doute que vous comptiez au rang de mes plus fidèles électeurs. Or ça, mon ami, parlez-moi plutôt un peu de vous : êtes-vous satisfait de vos conditions de vie actuelle ? Ne trouvez-vous rien à redire sur la voirie de votre commune que je trouve dans un bien piteux état ? Et votre Maire ? Assez amorphe me dit-on, aucune envergure, aucun projet sous le coude, il faut que ça bouge ici, mon ami, il faut que ça bouge !"

Martial, dans un état proche de l’hébétude cherchait à se défaire de l’importun.

"Hue, euh, je vous prie de m’excuser M. Hue, pardon, pardon, je vous ai pris pour un autre nain. Euh, hue, je veux dire pour un mien nain, enfin non, bref, pour quelqu’un d’autre, voilà, et qui se nomme M. Lenain, oui, M. Lenain.
Fâcheuse méprise, mille excuses M. Hue et au plaisir."

Et Martial reprenant ses esprits se hâta de s’éloigner de la chapelle devant laquelle Robert restait planté, l’air abasourdi...



Puis, se reprenant, Robert pensa que cette dévotion spontanée (car il ne croyait pas a cette histoire de Monsieur Lenain)était une aubaine afin de définitivement détrôner Marie-Georges Buffet. en effet,en démontrant, par l’intermédiaire de ce benet, qu’il est doué d’une aura bien réelle et d’un sex apeal évident il aura tôt fait de détourner l’attention des électeurs non seulement de la mère Buffet mais aussi de tous les autres politiciens (y compris ségolène royal, martine Aubry et Sarkhozy). Enfin, par son pouvoir Robert va pouvoir devenir ce qu’il a toujours voulu être dans ses délires les plus secrets : Le véritable successeur de Staline !! Il alla donc en cachette chez Martial et...



pénétra dans son jardin par la petite porte secondaire qui s’ouvrait sur une impasse. Il était doublement clos par une haute futaie et un vieux mur de pierres enveloppé de lierre qui le recouvrait en partie.

Tout était calme. Le jardin de Martial était fait de petites allées séparant de surprenants carrés potagers où le choux de Milan côtoyait sans complexe la laitue romaine blonde maraîchère, la chicorée pain de sucre et autres légumes qu’il eût bien été en peine de reconnaître tant il était peu familiarisé au contact de la nature et aux jardins botaniques en particulier. Il sut quand même percevoir le mélange d’odeurs contrastées qu’offraient deux petits carrés exclusivement consacrés à la culture des herbes aromatiques et une bouffée de thym, mélangée au parfum de la coriandre, du persil, de la ciboulette et de la sauge, le saisit agréablement.

Il sentait en outre, fortement reconnaissable, celui des tomates qui devaient se trouver près de l’endroit où il se tenait.
Il se retourna et là, il découvrit tout un espace planté de Marmande, cette variété à la chair fruitée et généreuse dont les pieds étaient soutenus par de petits nains en terre cuite qui leur servaient de support. Il se retint à grand peine de laisser échapper un éclat de rire moqueur lorsqu’il aperçut, au centre de ce dernier carré potager, un nain de la même espèce que les autres mais de plus grande taille et qui semblait veiller sur le jardin.

Il le regardait avec attention lorsqu’il sursauta : le nain venait de lui faire un clin d’oeil !

...



Mon vieux Boby se dit-il, tu es bien fatigué, cette campagne électorale aura ta peau. Vivement qu’elle se termine.

Il cligna des yeux, regarda à nouveau le nain qui cette fois lui fit signe d’approcher.

Bob, troublé, apeuré même, se mit toutefois à quatre pattes, et se colla au nain, truffe contre truffe.

Martial qui venait de sortir son tuyau d’arrosage, fût tout tourneboulé en voyant un étranger dans son petit paradis, semblant bécoter son Samy d’amour, la croupe tournée vers le soleil. Il ne reconnut pas l’homme de la Chapelle tant il vit rouge. Alors brandissant son tuyau d’arrosage d’une main et un plantoir de l’autre, il...



il se précipita sur l’infortuné Robert qui eut tout juste le temps de prendre ses jambes à son cou, poussé par le redoutable jet d’eau que Martial dirigeait sur lui en s’époumonant.

Martial était trop âgé maintenant pour songer à poursuivre l’intrus et tout en continuant à vociférer, il laissa tomber à terre son tuyau d’arrosage en le fermant.

Nom de Dieu ! Mais que se passait-il donc dans son jardin ?! Il se demandait bien pour quelle raison ce bonhomme s’était introduit chez lui et ce qu’il fabriquait auprès de son Samy. Un voleur de tomates ? Ridicule ! Un voleur de nains de jardin ? Pourquoi pas ?! Il avait déjà lu une histoire de ce genre dans le journal. Peu importe, seul l’état de Samy l’inquiétait à présent et plus question de le laisser, lui et ses petits compagnons, dehors. Enfin, surtout Samy...

"Tu vas venir vivre avec moi à la maison" lui dit-il en s’approchant de lui.
Il vérifia s’il n’avait pas subi le moindre dommage et le prenant avec délicatesse dans ses vieux bras qui avaient tant travaillé, il se dirigea vers sa demeure.

"Tu verras comme tu seras bien ici, Samy ! Le soir, je ferai du feu dans la cheminée, je t’installerai à côté de moi et si tu le veux, je pourrais même te raconter des histoires." "Tu aimes les histoires, Samy ?"

"Mon dieu, quel vieux fou suis-je en train de devenir" se dit Martial "mais, fou ou non, c’est ainsi que cela se passera".

Et ainsi, Martial...



installa Samy dans son vieux rocking chair préféré, face à la cheminée.

"Demain, Samy, j’irai chez Carrouf t’acheter des coussins aux couleurs vitaminés, ce sera bien plus confortable".

Etait-ce une impression ? Mais Samy semblait lui sourire derrière sa belle barbe blanche. Ses yeux semblaient pétiller. Etait-ce le reflet des flammes provenant de l’âtre ? Peut importe, Samy avait l’air heureux et c’est tout ce qui comptait.

Martial s’installa dans son fauteuil rouge, à côté de Samy, après s’être préparé quelques tranches de saucisses et un verre de porto blanc. Il savourait l’instant les yeux mi-clos, bercé par le crépitement des bûches et des coquilles de noix qui claquaient joyeusement et envoyaient de mutines étincelles.

Soudain, il fût tiré de sa béatitude par de grands coups frappés au carreau de la cuisine.

Qui pouvait bien le déranger en ce début de soirée ? Il en avait eu sa dose d’émotions aujourd’hui et n’avait pas envie de discuter le bout de gras avec qui que ce soit.

Les coups redoublant, il se décida à aller voir et aperçu le facteur lui faisant de grands gestes et semblant vouloir lui dire quelque chose d’important.

Avec un long soupir de résignation, il alla ouvrir...



et le fit entrer dans la cuisine pour éviter qu’il n’aperçoive Samy confortablement installé dans le rocking-chair. Un peu de discrétion tout de même ! Et surtout, il ne tenait pas à ce que le facteur alerte les services sociaux ou se répande en commentaires désobligeants dans le village sur ce qu’il ne pouvait considérer que comme une extravagance inquiétante de sa part : mettre un nain de jardin dans un fauteuil devant une flambée dans la cheminée ? Il pouvait se poser de légitimes questions...

"Quel bon vent vous amène François ? Du courrier pour moi ? Je n’en reçois plus guère pourtant et je viens de payer ma dernière facture d’eau".
"Non pas, père Martial, je vous apporte un colis et dites-moi, il n’est pas léger !"
"Un colis ? Je n’ai rien commandé que je sache. Vous êtes sûr qu’il est pour moi ?"
"Absolument, c’est votre nom et votre adresse, pas d’erreur possible".

En même temps qu’ils échangeaient ces quelques mots, Martial s’était dirigé vers son buffet des années 50 et sortait deux petits verres à liqueur de facture grossière mais à la forme amusante de petits tonnelets avec une anse en même temps qu’un vieux marc de derrière les fagots auquel il ne touchait que dans de telles rares occasions. "A la vôtre, facteur ! Il y a quelque chose à signer ?"

"Non, rien, il n’a pas été expédié en recommandé."

Le facteur, ayant bu d’un trait sa rasade de gnôle, restait à côté de la table où il avait déposé le colis espérant que Martial l’ouvrirait en sa présence. Mais celui-ci n’en fit rien et le raccompagna à la porte qu’il ferma derrière lui.

Il regarda encore une fois cet énorme paquet qu’il considérait avec méfiance et sortant son Opinel de sa poche, il commença à couper les ficelles dont il était entouré.

Quand il put enfin l’ouvrir...

 Djunes - Bienvenue aux Schtroumpfettes Djambou !  Djunes - Oups ! C’est pour le paragraphe suivant ! Je le remets à sa place.

Quand enfin il pu l’ouvrir....
il faillit tomber à la renverse : du paquet entrouvert surgissaient douze petits bonnets et chapeaux à fleurs, de toutes les couleurs qui coiffaient les adorables petites têtes de... de...
De douze schtroumphettes de jardin habillées toutes différemment selon leur goûts respectifs,
de robes, de salopettes, de tuniques indiennes psychédéliques, et qui lui souriaient et semblaient lui dire : "Bonjour Martial, nous voilà, nous les schtroumphettes coquines"
Réellement il les entendit en vérité lui dire "bonjour" .....hallucination ?
Bon Dieu se dit-il, ce marc il est traître, je sais, mais à ce point ?
Mais , non, les schtroumphettes répétèrent en coeur : "Bonjour Martial"
il fallait se rendre à l’évidence : c’étaient de vraies schtroumphettes, vivantes !
Et puis, celle qui avait des longs cils soyeux, lui tendit un papier plié, en disant : "Pour toi"
Délicatement il le saisit, l’ayant ouvert, il vit que c’était une lettre, chaussa ses lunettes, et lu ceci :


Monsieur,
vous m’avez l’autre jour surpris dans votre jardin, semblant embrasser votre nain "Samy",
mais il n’en était rien, j’étais simplement interloqué par sa ressemblance frappante avec ce cher Karl Marx, et c’est pour celà que j’étais accroupi tout prés de lui, car vraiment cette ressemblance m’a fort étonné dialectiquement parlant. Connaissez-vous sa généalogie ? s’appelle t-il Samy Marx des fois ? Ce point d’histoire m’interresse fort du point de vue de l’économie du marxisme, il serait intéressant d’en savoir plus, savoir si nous avons là un descendant même réduit à un petit homme de l’ un des inspirateurs de la théorie communiste questionnez Samy à ce sujet, je vous en prie.
Bon avec celà, je ne vous ai pas dit le reste : les schtroumphettes viennent de ma collection personnelle, je vous les offre, elles tiendront compagnie à vos nains de jardin.
Et c’est pour m’excuser de la frayeur que j’ai pu vous causer hier soir.
Bien à vous camarade.
Signé : Robert Hue


Pfffffffff quelle histoire pensa Martial tout en regardant les schtroumphettes finir de se déballer elles-même et commencer à visiter la maison, tout en se recoiffant et en rigolant.....pffffff........me voilà bien avec douze nains et douze schtroumphettes ! M’enfin, bof, on verra bien demain hein ! Moi maintenant je vais me coucher assez d’émotions pour aujourd’hui !
Le lendemain peu après que le coq chanta, le soleil se leva, a peu près comme d’habitude, sauf que.......

 Djunes - Bienvenue aux schtroumpfettes Djambou !

se frottant les yeux et encore dans ce qu’il pensait avoir rêvé, il aperçut les schtroumpfettes, toutes pimpantes, qui s’affairaient dans sa maison.

Si petites fussent-elles, il en voyait de partout : sur la table de la cuisine en train de tremper les doigts dans un pot de confiture, d’autres faisant des sauts périlleux de la console de sa cheminée à son fauteuil, gymnastique du matin peut-être, une qui se coiffait devant un petit miroir qu’elle avait posé devant elle, trois occupées à se poursuivre dans tous les coins en riant aux éclats, une autre qui s’était installée dans son plafonnier en verre dans lequel elle se balançait de toutes ses forces en mangeant des pommes dont elle recrachait les pépins sur ses congénères qui protestaient pour la forme et enfin, la dernière qui s’était postée à côté de Sammy. Oui, celle en jupette rose, belle à croquer que Martial aurait pu tenir dans sa grande main calleuse.

Elle avait été chercher dans la salle de bain son matériel de rasage et, horrifié, il la vit en train d’enduire son blaireau, qu’elle avait trempé dans un bol d’eau, de mousse à raser. Ma parole, elle était prête à vouloir raser la barbe de Sammy !

Le sang de Martial ne fit qu’un tour et tout en se félicitant d’avoir laissé ses autres nains dans le jardin ( il voyait d’ici le tableau s’il avait ramené toute la tribu à la maison), il se prépicita...



sur la schtroumpfette, l’attrapa par une couette et la porta jusqu’à son nez d’où sortait une fumée de colère. La schtroumpfette se tortillait dans tous les sens en piaillant comme une damnée.

"Ecoute-moi bien ma belle, si tu veux faire bon ménage avec moi, tu te tiens éloignée de Sammy, OK ? Capito ? Toi understand what I dis ?" menaça-t-il en la déposant dans le cendrier d’étain qui trônait sur la cheminée.

La schtroumpfette, lui lança un regard de défi en relevant le menton et en réajustant sa jupette rose. "Espèce de gros porc ! Malotru, paltoquet, vous êtes pire que Gargamel, descendez-moi de là tout de suite où je crie et j’ameute mes copines !"

Martial n’en crût pas ses oreilles, il allait serrer le kiki de l’effrontée lorsque Samy...



toujours installé dans son fauteuil devant la cheminée, fit un clin d’oeil à la schtroumpette, comme il l’avait déjà fait pour Robert Hue, laquelle se calma aussitôt et sauta gracieusement du cendrier dans lequel elle avait été déposée sur l’épaule de Martial, tout contre sa joue.

Martial n’avait pas surpris les regards échangés entre les deux nouveaux amis et se mit en devoir d’écouter les explications de la petite péronnelle.

"Cher Martial lui disait-elle (cher Martial, quelle familiarité, elle venait d’arriver par colis postal et l’appelait par son prénom) pourquoi vous mettre dans un état pareil ? Je voulais juste m’amuser un peu. Vous croyez peut-être que je voulais couper la barbe de votre nain de jardin mais non, pas du tout. D’ailleurs, sa barbe est peinte sur ses joues et cela aurait été impossible. Je pensais au contraire, avec la crème à raser, lui en dessiner un peu plus car je ne la trouve pas assez fournie."

Les doux cheveux de la schtroumpette chatouillait agréablement le cou de Martial qui, radouci...



et un peu troublé se laissa glisser dans son bon vieux rocking-chair, à côté de Samy, zzzzzzzzz, en soupirant longuement, pppfffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff
ben oui quoi, j’ai dit longuement, donc : Re Pfffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff

C’est que, le calin de la schtroumphette, lui avait fait souvenir d’anciens calins, de quand il était le jeune Martial, qu’il avait encore du succès avec les donzelles !
Afin de chasser cette mélancolie naissante, il ramassa son télé7jours qui trainait par là, constata sans amertume d’ailleurs qu’il avait raté sa série préfèrée, puis ne sachant vraiment plus quoi faire se mis à bailler furieusement, et à se gratter différents parties de son anatomie, tout aussi furieusement.
Décidément pensa-t’il, je commence à vieillir, toutes ces histoires me pertubent, je devrais faire quelque chose, changer mon syle de vie.....rentrer à la trappe ?.........ouvrir un sex-shop ?.........méditer ?.............une psychanalyse ?.........
Bref comme tout être humain, à un certain moment de la vie, il s’interrogait sur le sens a donner à cette vie.
Finalement, il finit par s’assoupir, blotti contre Samy, et ce malgré le vacarme impossible que faisaient les douze schtroumphettes (il y en avait en particulier deux qui chantaient à tue-tête un air des parapluies de cherbourg :"Nous sommes soeurs jumelles, nées sous le signe des gémeaux, mi sol fa mi ré do........." en dansant, en se marrant comme des folles) ce qui fit que Martial sourit enfin, rasséréné, ne se posant plus de questions, il s’endormit......

 Djambou - ben moi aussi, j’y vais..........Bonne nuit à tous

La vacarme cessa aussitôt, une des Schtroumpettes ayant mis son doigt sur sa jolie petite bouche qui s’était arrondie en forme de coeur et elles se mirent en cercle autour de Samy contre lequel Martial s’était assoupi.

Elles n’avaient pas oublié le clin d’oeil qu’il leur avait fait un peu plus tôt et le considéraient avec autant de curiosité de que perplexité. Qui pouvait-il être réellement ? Appartenait-il à leur monde magique ? Elles n’en avaient jamais croisé de semblable dans la forêt et...

 Djunes - Le vacarme bien sûr, trop tard pour corriger... Désolée.

pour tout dire, elles étaient toutes folles amoureuses de ce petit barbichu !

Martial toujours tendrement endormi contre son épaule, il leur fit signe de s’approcher plus près, et commença à leur parler ainsi :

"Mes chères petites schtroumphettes, je vous aime bien toutes, j’ai souvent révé de vous autrefois, et maintenant que j’ai atteint l’âge de raison, comme disent les humains, qui d’ailleurs ne le sont pas trop, il est temps que....



je perde ma virginité. Seulement voilà, une chose me gène un peu. Vous êtes bleues, je suis un peu rougeot et je crains qu’une union avec l’une d’entre vous nous fasse enfanter d’un petit poucet violet, ce qui changerait le cours de trois histoires et la face de l’humanité !

Je ne suis pas sûr qu’il faille prendre ce risque. C’est pour cela que j’avais plutôt espoir de convoler avec Oui-Oui.

Là-dessus les schtroumphettes éclatèrent d’un rire hystérique. Ce pauvre Samy, puceau et qui plus est, naïf ! Comme c’était touchant, mais surtout tellement drôle.

Comment ? dit une schtroumphette, Ne sais-tu pas que Oui-Oui est un garçon et que pour faire un bébé il faut un garçon et une fille ?

Oui, répliqua Samy, mais moi ? Tu sais ce que je suis moi ?

- M’enfin Samy, tu as de la barbe, tu es un mec ! Un foutu mec et on est toutes raides dingues de toi ! Alors qu’est ce que tu décides ?



C’est ce moment que choisit Martial pour se réveiller, coupant court à la conversation.

Les Schtroumpfettes firent une grimace de dépit et Samy, imperturbable, resta figé dans son attitude de nain de jardin servant d’appui-tête.

Ce petit somme avait calmé les ardeurs du vieux Martial et la présence de toutes ces donzelles qui semblaient avoir pris racine chez lui l’énerva au plus haut point. Il déplaça délicatement Samy à qui il s’adressa comme le prenant à témoin : "Non, mais tu vois ça Samy ? Une ribambelle de coquines chez moi, à me narguer, venues d’on ne sait où !" "Allez, mesdemoiselles, dehors, et plus vite que ça encore, retournez d’où vous venez !"

Et comme elles étaient reparties à rire aux éclats de la réaction du cher homme, il fonça dans son placard à balais d’où il sortit un plumeau en plumes d’autruche véritable dont il ne se servait que pour son ménage de printemps et commença à les en menacer en faisant de comiques moulinets dans leur direction.

Samy riait sous cape et les Schtroumpfettes s’égayaient dans tous les coins et recoins sans pour autant quitter les lieux.

...



Alors soudain, on entendit comme un bruit de tonnerre et les cieux s’ouvrirent. Apparurent alors Oberon et Titania suivis de leur fidèle Puck et toute une cohorte de fées.
Menaçant, Oberon désigna les Schtroumfettes du doigt .
- Quittez IMMEDIATEMENT ces lieux !!! leur dit-il d’une voix tonitruante.
Mais les Schroumpfettes l’ignorèrent superbement , riant et dansant avec quelques fées du roi du pays féérique et continuant de narger et de draguer Samy comme si de rien n’était .
- Mes fées, mes fées , revenez !!! supplia en vain Titania .
Puck, fais quelque chose !!!
Mais Puck, toujours aussi facécieux que dans la célèbre pièce de Shakespeare , se mit à draguer ouvertement les Schroumpfettes, jaloux qu’il était de Samy . Il était par ailleurs passablement éméché pour avoir bu trop de nectar de fée .
Ainsi, il passait de Schroumpfette en Schroumpfette, ne sachant laquelle choisir.
Obéron commençait à en avoir vraiment assez .
- PUUUUUUCK !!! hurla t’il
Mais Puck à présent partageait son nectar de fée avec les Schroumpfettes qui ne tardèrent pas à devenir pompettes à leur tour.
Titania décida de quitter les lieux , suivies par les fées qu’elle avait enfin réussi à convaincre.
- Puck, pour te punir, j’ai décidé que ce serait TOI à présent qui allait tomber amoureux de la créature la plus immonde du monde !!! J’ai mon plan et afin qu’il réussisse parfaitement, je garderai secret le moment choisi et le moyen utilisé . Tu ne t’en sortiras pas comme ça, Puck !!! dit Oberon
Et il disparut dans un nuage de poussière de fée .



 ;-)Puis, après cet interlude Métaldivinesque et Obéronesque, tous firent un saut dans le temps, un petit saut de puce.
Deux petites années s’étaient écoulées, et la barbe de Samy avait poussée, tellement poussée que les schtroumphettes s’en étaient confectionné une couverture pour les froides nuits d’hiver, elles dormaient d’ailleurs avec Samy qu’elles avaient parfaitement déniaisé.
Martial quant à lui se laisse de plus en plus aller, ne coupe plus de bois pour la cheminée, (d’où le besoin de cette couverture en barbe de Samy), ses chaussettes sont pleines de trous, que les schtroumphettes racommodent tous les jours, elles sont biens gentilles avec lui, pauvre vieux, il n’est pas dupe du fait que Samy, s’il joue au nain de jardin en céramique le jour, s’éclate toutes les nuits avec ces drôlesses, mais il fait comme s’il ne voyait rien.
C’est qu’il est trop préoccupé par de grandes questions existentielles, des interrogations philosophiques sur le sens de LA VIE, de sa vie, son destin d’“être fictionnel, virtuel”, qui est-il réellement dans cette histoire où il n’a pas vraiment le beau rôle, et puis son papa, Yan, qui l’a créé, puis abandonné aux mains de tous ces auteurs ! Brrrrrrrrr ! Quel destin que le mien..................


En savoir + sur l'auteur principal : Yan

28 participations

Vous appréciez cette histoire ? Notez-là de 1 à 5 !
Mes autres sites web