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Le cadavre exquis boira le vin nouveau

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Le nouveau Chaperon Rouge

Yan

Texte initié le dimanche 1er mars 2009

"C’est une tâche d’huile, là, dessous ?"

Duduche senti un frisson la parcourir.
Sa mobylette, c’est sa vie, son trait d’union entre sa Mémé et elle.

Elle se pencha et vit de l’huile ruisseler sous le carter.
C’est le beurre allégé aux omégas 3 que j’ai amené hier à ma Mémé qui a fondu, pensa t’elle.

Elle releva les yeux vers le pompiste, qui lui avait fait si peur, et lui donna la somme indiquée par les rouleaux de la pompe.

Elle démarra et se dirigea


(...) tête baissée, vers le Leader-Price de la cité, dans un nuage de fumée et un bruit strident de pétoire.
Il lui fallait du beurre allégé , a tous prix, et sans histoires !
Duduche aimait chevaucher sa monture , semer le chaos sur son passage, déraper sur la verdure et voler les sacs du 3eme age...
La poignée de gaz a fond, elle ecarquilla les yeux en apercevant subitement (...)



Georges Clooney qui faisait du stop...what else ?

Elle s’arrêta et lui proposa de le déposer sur le parking du supermarché.

Il accepta, surtout qu’il avait des capsules de café à acheter au Leader-Price.

Il enfourcha la mobylette rouge.
Duduche se concentra tout particulièrement sur sa conduite pour ne pas se renverser avec son hôte de prestige.

Chemin faisant, le stéthoscope à Georges vint à se glisser dans les rayons du 103sp à Duduche et ils manquèrent de justesse une chute sur le bitume. Duduche reprit néanmoins le contrôle de l’engin et ils filèrent cheveux dans le vent vers le supermarché.

Mais c’est en arrivant sur le parking que (...)



(...) nos deux compères réalisèrent qu’ils n’avaient pas le moindre sou !

Avec la crise, Georges ne trouvait plus de boulot dans les hopitaux, et il commençait a se faire vieux...Et laid ! (si si)
Duduche, elle, avait l’habitude de voler des victuailles dans les supermarchés, car elle etait au RMI depuis sa plus tendre enfance, et avait donc deja établi une stratégie...
Elle irait remplir les poches de son blouson rouge, discrètement, pendant que Georges le beau gosse, irait (...)



manger un Kebbab à la cafétéria.
Après tout, sa commande de doses de Nespresso Spécial Moka devait arriver mercredi. Il prendrait du Benco en attendant.

En fait, il se rendait compte que cette histoire avec Duduche, cette rencontre sur le trottoir n’était peut-être pas si surréaliste...et finalement il aimait bien sa manière de se manger les mèches de cheveux blonds qui lui courraient sur le visage.

Et si son déodorant manquait d’efficacité, surtout à l’arrière d’une mobylette, il se disait qu’un bon bain et quelques sels règleraient l’affaire !

Il décida donc de patienter à la cafétéria pendant les emplettes de cette étonnante "Mère-Grand"...



Pendant ce temps...Duduche était planquée au rayon-raviolis...les poches pleines de beurre allégé...

Elle se sentait suivie...
Surveillée.
Toutes ces cameras braquées sur elle, ces vigiles en civil, ce supermarché, c ’etait la jungle.
Une seule et unique solution : filer au rayon-bricolage, trouver une tronçonneuse, une scie, voir une ponçeuse, et passer en force en massacrant tout le service de sécurité.

C’est alors que subitement, au détour d un étalage de boites de thon, surgit (...)

 danaé - j’aime trop..

Gérard, le tonton du frère à la cousine par alliance de son beau-père, lui-même neveu de Pierrot...le demi-frère de Mère-Grand, celle qui a de grandes oreilles !

Mais que fais-tu ici, Gérard, s’étonna t’elle ?

Il la regarda et lui répondit : cela ne te regarde pas, je suis en planque car on a signalé des stars dans le coin et je compte bien faire la une d’un journal pipole !

Avec ton appareil jetable ? c’est la classe, dit-elle au bord du fou rire.

Il haussa les épaules en soufflant et, vexé, il tourna les talons.

Duduche s’était résignée à ne prendre que le minimum pour Mère-Grand : des galettes de fajitas Old El Paso pimentées et un petit pot de beurre allégé aux Oméga3.

Elle cacha tout cela dans sa capuche rouge et fila vers la sortie sans achat du magasin.



Elle était en train de se dire qu’au lieu d’aller directement chez sa mémé ,elle ferait bien un petit détour dans les bois avec Georges... Après tout la mémé attendrait pour son oméga 3, quand soudain elle voit son affreux cousin du neveu de son beau-père,toujours avec son appareil photo ringard. Il est là, devant son nez à reluquer le beau georges ! Ni une ni deux,Duduche en prise avec le petit pois dans sa tête qui lui dit :"Duduche, ce mec là,il veut lui aussi aller se promener dans les bois...avec le beau Georges ; Non c’est pour qui, qu’y se prend celui là ?- elle n’y tient plus, et armée de ses galettes old el passo pimentées et de ses omégas 3, elle fonce sur le pauvre Gérard...



Sous la violence du choc, l’oeil de verre à Gérard fut éjecté de sa "station d’accueil" et finit sa course dans le Nespresso à Georges.

Georges, fou de rage, leva ses yeux vers celui de Gérard et Duduche, qui n’en croyait pas les siens, commençait à tartiner de beurre les galettes pimentées pour entarter Gérard.

Gérard sentit venir le piège et tout en déchaussant sa jambe de bois, arracha sa fausse barbe pour décliner sa véritable identité : il s’agissait en fait, non pas du tonton du frère à la cousine par alliance de son beau-père, lui-même neveu de Pierrot, le demi-frère de Mère-Grand...Mais bel et bien de la nièce au frère de la cousine du beau-père de Pierrot, son beau frère.

Duduche tressaillit, Gérard était en fait Mauricette...



Et là, Duduche sentit venir le danger, car Mauricette, malgré son oeil de verre, sa jambe de bois, il faut bien l’avouer, était plutôt canon et avait bien plus de sex-appeal qu’elle-même.

Elle surveilla du coin de l’oeil la réaction de Georges, mais fût rassurée quand elle le vit en train de plonger ses doigts dans son café brûlant afin d’en extraire l’oeil de verre. Ce n’était pas facile car il glissait comme une savonnette.

Finalement, quelques minutes plus tard, il réussit enfin à éjecter l’oeil, à moitié fondu et qui, s’échappant de ses doigts partit en voltige et alla se coincer droit dans...



le décolleté de Mauricette brusquement révélé, après qu’elle eût posé son travesti, aux yeux éblouis de Georges.

"Permettez... permettez..." bredouilla t-il en s’approchant de celle que quelques instants auparavant Duduche avait pris pour Gérard.

Mauricette rosit délicatement tandis que Duduche, hors d’elle...



décocha un direct du droit dans la jolie gueule d’amour de notre Doc de cinéma, suivi d’un splendide shoot dans l’unique tibia de Mauricette, qui se retrouva les trois fers en l’air !

Tandis que Geogeo se remettait la machoire en place d’un geste grâcieux de la main, Duduche, elle, frottait les siennes de satisfaction.

Toujours galant, Georgio se mit à quatre pattes pour tenter de retrouver l’oeil, qui une fois de plus s’était fait la malle.

Soudain, il se retrouva nez à nez avec l’oeil mais voilà... Duduche, la tête rejetée en arrière, les poings sur les hanches, avait le pied dessus et toisait Georges avec un rictus. Lentement il leva les yeux vers elle, et il aperçut...



horreur, malheur, Elisabetta Canalis, sa dernière conquête en date, qu’il avait laissé la veille près du lac de Come où il possédait une villa après qu’ils aient quelque peu randonné sur son Harley Davidson préférée.

Quelques contraintes professionnelles la retenant sur place, elle avait dû renoncer à l’accompagner et il ne pouvait comprendre le pourquoi de sa présence en France, qui plus est dans cette répugnante banlieue, à mille lieues des endroits qu’elle était susceptible de fréquenter.

Et lui-même, du reste, comment avait-il pu se retrouver dans une telle situation au simple prétexte de s’être vu contraint à faire du stop à la suite d’une malencontreuse panne de voiture de luxe de location avec un téléphone portable dont les ondes ne passaient pas ?

Duduche n’existait plus, Mauricette encore moins, et il s’approchait, incrédule, d’Elisabetta qui..



dégaina un révolver, un "trukpistonné-22 long rifle". Georges écarquilla ses yeux. La terreur se lisait sur son visage buriné par trop de Nespresso. Ses cheveux, poivre-et sel, qui font tant fantasmer la ménagère-faignasse-de-moins-de-50-ans-qui-n’a-rien-d’autre-à-glander-que de-mater-des-séries-amerloques-et-penser-à-des-sex-symbol-en-accomplissant-le-devoir-conjugal-avec-son-gros-bof-de-mari-qui-est-au mieux-cadre-au-pire-employé-chez-un-notaire-voire-notaire-lui-même (car c’est bien connu la seule chose de sexy chez un notaire c’est sa cravate), devinrent ternes et gras. Mais alors Elisabetta porta sa main au visage et d’un coup sec arracha...



Ses cheveux blond et bouclé qu’elle aimait beaucoup parce ce qu’elle était blonde comme une actrice de cinéma et de télé...



qu’elle était du reste et mannequin de surcroît.

Disons qu’elle enleva tout simplement la perruque qu’elle portait ce jour là et qui la gênait un peu.

Sa chevelure naturelle descendit alors en cascade sur ses épaules qu’un tee-short de chez Gucci laissait savamment à nu et elle continua à s’avancer vers Georges, pistolet en main, visage fermé.

Arrivée près de lui, elle laissa tomber l’arme à terre et éclata d’un rire cristallin qui fusa en une cascade mélodieuse nuancée par un léger timbre rauque qui le rendait irrésistible.

Giorgio ! Amore mio ! Vieni qui ! ...



Mais devinez qui vieni qui ? Elisabetta ? Que nenni ! Mais Duduche soi-même, qui après avoir envoyé une droite à Mauricette, une gauche à Elisabetta, avançait droit sur Georges incrédule, l’oeil assassin et la bave aux lèvres, prête à lui décocher un coup de pied dans les choses de la vie pour justement la lui apprendre.

Georges, dans un réflexe de protection, levra ses bras sur son visage, mal lui en prit car effectivement Duduche lui ratatina les valseuses à grands coups de santiag, taille 42, achetées aux puces de Saint-Ouen, 2 euros, une affaire.

Tandis qu’il abaissait ses bras pour tenter d’attraper la santiag endiablée, Duduche le saisit par les poignets et lui fit faire trois tours de tourniquet gratuits avant de le lâcher. Il alla atterrir dans...



les bras d’Elisabetta, lamentablement allongée sur le trottoir après l’attaque sauvage de Duduche qui l’avait sérieusement mise à mal.

Soit dit entre nous, Duduche ne semble pas faire dans la dentelle et nourrir une agressivité hors du commun envers la gent masculine, car, les bas morceaux auxquels elle s’attaque sont, on le sait, fort sensibles à de tels traitements peu propices aux rapprochements du genre humain...

Mais sans vouloir trop insister sur l’épouvantable caractère de ce nouveau petit Chaperon rouge chaussant du 42, il nous faut nous pencher sur cet infortuné Georges, lequel....



encore tout étourdi et auréolé de 36 étoiles, dit en affichant un sourire niais : "what else ?"

Pour toute réponse il reçut un baiser enflammé d’Elisabetta, un coup de pied dans les côtes de Duduche qui venait elle-même de s’en recevoir un dans le popotin de la part d’une Mauricette plutôt revencharde.

George émerveillé par ce doux baiser, fût fort étonné de ressentir simultanément une douleur dans les côtes, jusqu’à présent, l’amour ne lui provocait qu’une vague de chaleur dans le bas ventre. Alors était-ce cela l’orgasme, la jouissance, cette douleur qui venait de le transpercer ?

Tandis qu’Elisabetta continuait de le bécoter, de le tripoter, il se demanda si, à tout hasard...



il n’était pas entrain de faire un cauchemar sorti tout droit du prochain film pour lequel il était pressenti et dont le scénario déjanté ressemblait étrangement à ce qu’il était entrain de vivre.

Rêve ou réalité ? La douleur ressentie pouvait faire partie de ce nightmare : il lui arrivait bien, en dormant, de se voir ingurgiter nespresso sur nespresso qu’il recrachait, dans un long jet puissant, sur tout ce qui passait. Il se réveillait en sueur, le coeur battant, désespéré à l’idée d’être remercié par la marque et remplacé au pied levé par le premier autre bellâtre hollywoodien venu.

Alors,...



il se levait, titubait jusqu’au frigo, manquant renverser sur son passage un tabouret ou pire, sa colonne de capsules (beaucoup plus difficile à ramasser dans le noir qu’un tabouret, il faut regarder les choses en face). Il attrapait la bouteille de lait écrémé et en buvait un 1/2 litre d’un trait.

Après cela, il se sentait mieux, bien réveillé, les ombres du cauchemar évaporées.

Mais là, maintenant, dans ce parking, que faisait-il sur Elisabetta et pourquoi Mauricette et Duduche se crêpaient-elles le chignon ? Il n’en avait fichtre plus aucune idée. Ses sens étaient sans dessus-dessous, qu’attendait Elisabetta ? Si c’était un rêve, il lui aurait bien proposer une brouette japonaise, mais si ça n’en était pas un, il risquait fort de se prendre encore un gnon de la part de la belle et des deux autres foldingues, jalouses comme des tigresses.

Finalement, il se dit que le mieux était de...



tenter avec Elisabetta d’échapper à la vindicte de ces furies qui étaient en train de s’écharper.

Il ne sentait pourtant pas vraiment d’attaque après tous ces mauvais traitements mais ils devaient, coûte que coûte, se sortir de ce guêpier.

Elisabetta qui avait repris ses esprits lui serrait la main convulsivement et lui glissa dans l’oreille : "Georgio, let’s go et au trot, si nous ne bougeons pas d’ici on ne s’en sortira pas vivants, ces filles sont complètement folles !"

Facile à dire : le pauvre Clooney, dans un piteux état, continuait à se tenir le bas-ventre en poussant des gémissements à faire pleurer un tigre.

On entendit alors le vrombissement d’un hélicoptère...



puis on sentit un souffle comme venant d’un énorme ventilateur. C’était l’hélicoptère qui tournant en rond, amorçait son atterrisage.

Du coup, cela calma tout le monde. Ceux qui étaient encore par terre se mirent debout sur leurs pattes arrières et tous sans exception levèrent les yeux vers l’engin. La curiosité l’emportait sur la rage.

Tout d’abord ils crûrent à un hélico de la croix rouge, puis de l’armée, mais ce n’était pas cela. Peut-être alors Nathalie Simon ? Georges pensa aussi durant quelques secondes que tout depuis le début était peut-être une énorme farce de ce sacré Marcel Beliveau, puis il réalisa que ce n’était plus possible... paix à son âme.

Alors ils entreprirent de lancer des paris pour savoir qui allait en descendre, le gagnant recevrait 1000 euros des perdants.

Et l’hélico tournait toujours.

Duduche dit : c’est Yan Artus Bertrand

Mauricette dit : ce sont les pompiers

Elisabetta dit : c’est notre président et sa brunette

Georges dit : what else ? (les coups l’avaient rendu un peu concon)

Et l’hélico se posa... et alors... et alors... et alors... hé hé...

Michel Drucker est arrivé - é - é, sans s’presser - er - er !

Tel le messie il écarta les bras et dit...



"VIVEMENT DIMANCHE" ! ! !



Nos quatre gugus furent bien sûr drôlement épatés par cette apparition.

Duduche s’exclama "eh ben, SACREE SOIREE !" et sa machoire inférieure tomba.

Mauricette renchérit "tu l’as dit, je crois qu’ON N’ES PAS ENCORE COUCHE !" et son oeil s’arrondit.

Elisabetta sur les rotules ajouta "moi, j’en peux plus de toutes ses émotions VIVEMENT DIMANCHE PROCHAIN !" et elle vacilla légèrement.

Georges qui se sentit dans l’obligation de dire quelque chose d’aimable et surtout de plus original que ces trois pintades, proféra un "What else ?" et il fit un sourire des plus éclatant, bien qu’un peu niaisou.

Consterné, Michel les regarda à tour de rôle, il appuya son regard un peu plus longtemps sur Duduche qui faillit en tomber d’émoi, il leur fit un petit signe de tête pour les saluer et devant leur regards ébaubis et leur inertie, il finit par hausser les épaules, tourna les talons et se dirigea vers le Magasin qui n’allait pas tarder à fermer ses portes.

Duduche fût la première à réagir, voyant Michel partir, elle...



courut à ses trousses et arrivée à ses côtés, lui décochant un sourire qu’elle s’appliqua à rendre ce qu’elle jugeait des plus séducteurs, se jeta à l’eau.

"M’sieur Drucker, s’cusez-moi, sur le coup j’ai pensé que vous arriviez ici pour Georges et Elisabetta mais je vois qu’il en est rien. C’est une chance inouïe de vous rencontrer, je n’arrive pas y croire !"

Le conventionnel et toujours affable Drucker des plateaux télévisés arborait à ce moment précis un visage plutôt crispé et ne cachait pas son agacement devant l’assaut de Duduche.

"Ecoutez, mademoiselle...." "Non, pas mademoiselle, je vous en prie, l’interrompit-elle, Duduche, je m’appelle Duduche, accordez-moi deux minutes s’il vous plaît, pas plus. Je ne vais pas vous demander un autographe, rassurez-vous, ce que j’ai à vous dire est bien plus important que cela et vous n’allez pas en croire vos oreilles.
Alors, voilà : ...



... l’autre nuit, figurez-vous que j’ai rêvé de vous !

Mimi commençait à s’impatienter, mais réussit tout de même à dire quasi-aimablement : "oui bon, et alors ? pourriez-pas abréger un peu, j’ai Jean-Pierre qui m’attend au rayon du jambon polyphosphaté."

- "Mais oui, mais si vous m’interrompez tout le temps, on va pas s’en sortir ! Donc, je disais, l’autre soir..."

- "Oui, l’autre soir, je sais, vous avez rêvé de moi, mais encore ?!"

- "Ah vous voyez, vous m’interrompez tout le temps. D’ailleurs vous faites toujours ça à vos invités et c’est franchement désagréable. Bon, reprenons, l’autre soir, je m’endors et de qui je rêve ?"

- "De moi" (gros soupir)

- "Ouais mon vieux, parfaitement de vous, et vous savez quoi ?"

- "Non mais je sens que vous n’allez pas tarder à me le dire. Juste une petite minute, je passe un coup de bigo à mon ami Jean-Pierre".

Sur ce, il sort son téléphone...

- "Allo ? JiPé ? Oui, c’est moi Mimi. Figure-toi que je vais être un peu en retard car il y a une Duduche qui a rêvé de moi et... Non, pas la grande Duduche. Duduche tout court. Tu as pris le jambon ? Oui ? Très bien, alors RV devant le rayon des bonbons chimiques ok ? C’est ça à tout de suite, j’expédie la donzelle et j’arrive".

Se tournant vers Duduche qui levait les yeux au ciel, les bras croisés sur la poitrine et tapait d’un pied droit impatient,

- "Bien, vous disiez ?"

Duduche prit une grande inspiration d’où transpirait l’agacement, et légèrement crispée recommença son speech,

- "Donc, l’aut’soir, comme ça, sans savoir pourquoi ni comment, je rêvai de vous et..."



vous vous trouviez dans une singulière situation. Il faut vous dire quand même que je fais régulièrement des rêves prémonitoires et celui-ci pourrait bien en être un.

Cela se passait vers la fin de la première partie de votre émission dominicale à laquelle plusieurs invités de grande notoriété, dont je ne citerais pas les noms par discrétion, participaient.

Tout se déroulait à ravir, l’ambiance était chaleureuse et bon enfant comme à l’accoutumé, ça fonctionnait dans la guimauve et le politiquement correct avec quelques blagues convenues laissant à penser que "Oh, là, là, ils ne sont pas coincés chez Drucker" quand tout à coup vous vous êtes interrompu en pleine phrase en portant votre main gauche à l’oreillette qui ne vous quitte pas. Vous aviez l’air parfaitement surpris autant qu’amusé à la fois et vous avez alors déclaré : "La régie m’apprend, c’est une surprise que l’on me fait apparemment pour mon anniversaire, que dans quelques instants nous allons accueillir le nouveau Chaperon Rouge.
Ne me demandez pas de quoi il s’agit, je n’en ai pas la moindre idée, je vais le découvrir en même temps que vous" .

Et quelques minutes plus tard, effectivement,...



un énorme gâteau arrivait sur un plateau sur le plateau et tel un diable sortant de sa boîte, je crevai la meringue, en tortillant du popotin dans un ravissant bikini bleu à pois blancs et coiffée d’oreilles de lapin.

Michel eut à ce moment-là du récit un haut-le-coeur en imaginant le boudin devant lui en maillot deux pièces et serre-tête de lapin. Il le réprima comme il put pour demander "Oui, et bien, que s’est-il passé ensuite ?", il craignait le pire, quand la réponse fusa "Ben rien, le réveil a sonné et je me suis réveillée ! Mais avouez que c’est troublant, je rêve de vous et je vous rencontre aujourd’hui, au super-marché où vous allez certainement passer devant les bacs de lapin en barquette. C’est un signe, je crois aux signes, pas vous ?"

"Heu oui, meuh non, je veux dire oui et non, p’tête ben qu’oui p’tête ben qu’non si vous préférez, ça dépend quoi. M’enfin, là, j’vois pas bien parce que comprenez, j’aime pas le lapin, j’aime pas le boudin..."

"Le boudin ? Mais qui vous parle de boudin ? Je n’ai pas rêvé de boudin que je sache !"

"Ah, hum, certe, juste un lapsus révéla... enfin je veux dire, j’ai très envie de boudin..."

"Mais vous venez de dire que vous n’aimez pas l’boudin. Faut vous reposer mon ami, ça yoyote un peu là-dedans !"

"Hi hi, c’est vrai, mais le boudin blanc, si, j’aime le boudin blanc. Bon, je peux..." dit-il en montrant la direction de l’entrée du magasin.

De guerre lasse, Duduche lui dit que oui, il pouvait y aller tout en ruminant en son fort intérieur "je l’aurai un jour, je l’aurai".

"Bon et bien, ma chère Duduche, je vous dis à la revoyure, hi hi hi hu hu hu, hum."

Sur ce...



notre sémillant animateur de télévision, saluant d’un geste de la main Duduche, s’engouffra dans le super-marché.

(A ce point du récit, je pense qu’il est grand temps de faire une petite pause et de se poser les questions qui s’imposent. J’ose.

Après cette quête du pot de beurre allégé aux omégas 3 pour une mémé contemporaine effectuée en mobylette par notre héroïne nous avons maintenant sur les bras un acteur hollywoodien top tendance et sa compagne du moment auquel est venu s’ajouter un animateur vedette de télévision tous réunis devant un super-marché pourrave sans omettre Mauricette plus crédible, elle, dans ce contexte de banlieue peu propice à ce genre de rencontre improbable.

Qu’allons-nous en faire, je vous le demande un peu ?)

Georges, Elisabetta et Mauricette qui pendant ce court entretien étaient restés un peu en retrait...



se posaient les mêmes questions...

Duduche, outrée par la réaction de Miche-Miche sentait une haine et une rage incommensurable l’envahir. Son seul exutoire était de frapper tout ce qui se trouvait sur son passage. Elle pris donc ses galettes de fajitas Old El Paso, les tartina de sauce mexicaine (ô combien piquante) et en fit des friszby enflammés qu’elle lança sur Georgio, Elisabetta et Mauricette.
Ceux-ci, à peine surpris par sa réaction se mirent à courir loin du supermarché, car comme il n’y a que 8 galettes dans le kit de fajitas elle serait bientôt à court de munitions et ne pourrait pas se ravitailler (hé oui le magasin est sur le point de fermer, alors de Michel et JP sont encore à l’intérieur...).

Mais pendant leur fuite effrénée...



Duduche, hors d’haleine, revint brusquement à la réalité.

Que devenait sa mémé dans tout ça ? Elle lui avait promis la veille de revenir la voir et de lui amener quelques autres provisions car sa mémé ne nourrissait évidemment pas exclusivement de beurre allégé aux omégas 3 et ne crachait ni sur les biscuits ni sur toutes les autres petites choses qu’elle parvenait à fourrer dans les poches à double fond de son manteau spécial super-marché.

Tous ces imbéciles heureux, enfin riches surtout, lui avaient mis la cervelle au court-bouillon et voilà qu’elle ne pouvait même plus espérer pouvoir se rendre dans la grande surface.

Quoi que... se dit-elle, ce cher Drucker était à l’intérieur au milieu des derniers clients et il y avait un vigile qui faisait les cent pas devant la porte d’entrée. Pourquoi ne pas tenter un coup de bluff, elle n’en était pas à un près ! Aussi.....



Duduche tente un coup de bluff. Puisque Mémé l’attends, qu’elle n’a plus de kit de galettes pimentées Old El Paso ni de beurre à l’Oméga 3, alors elle va vers sa p’tite mobylette rouge et elle mets les gazs à fond et elle rentre dans le magasin avec son engin. Personne n’y peut rien, parce que sa mobylette fait tellement de fumée -Tiens elle fait de la fumée celle-la ?- en allant vite que le vigile y voit rien du tout. Alors elle passe et elle va vers le rayon des Old El Paso, elle en prends tant qu’elle peut, et au passage pour la sortie du beurre à l’Oméga 3 Fruit d’Or - Tiens Mémé Elle kiffe ceux-là- et devant la sortie elle voit....

Birtney Spears et Christina Aguilera qui se battent. Ah, Tiens GeoGeo est là aussi, il est revenu c’ui-la ! Et puis, Duduche sait que Mémé A-DORE les stars -elle lit tous les matins Closer et Public- Elle les prends tous les trois avec elle, et ....



"Zut de zut de crotte de bique" maugréa-t-elle, elle avait oublié les Libra "spécial string" de mémé. Tant pis, il faudra bien qu’elle s’en passe, elle n’allait pas prendre le risque de retourner au magasin avec tous les vigiles qui devaient l’attendre armés jusqu’aux dents de tessons de bouteille... les bouteilles de Beaujolais nouveau qu’elle avaient cassées dans sa course effreinée.

Mémé devra porter de vraies culottes de grand-mère pendant quelque temps. Elle n’allait quand même pas en faire tout un fromage, et puis quand elle verrait la jolie brochette de stars, elle n’y penserait plus à ses Libra.

"Cramponnez-vous !" lança-t-elle à Britney sur le guidon, à Georgio sur le porte-bagage et à Christina sur les épaules de Georgio. "Tout le monde est bien accroché ? ’Tention, je mets les gazs et direction la bicoque à Mémé !".

Et zou, les voilà partis, en trombe serait un bien grand mot, mais partis quand même.

Dans son rétro de gauche, elle aperçut, non sans effroi...


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