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Le cadavre exquis boira le vin nouveau

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Note des lecteurs

Les démons de Loulou

Youpala

Texte initié le jeudi 24 septembre 2009

Loulou, pour ne pas dire son âge, fait partie des séniors. Mais attention, elle fait partie de ces jeunes séniors, dynamiques, de ceux dont bien des jeunes ne pourraient suivre.

Ce n’est pas elle que vous verrez un jour habillée comme une mémé. Selon son humeur, elle change de style, un jour rose des pieds à la tête, un autre jour vous pourrez la voir en gothique. Cela fait pas mal jaser ses collègues, voire sa famille, mais elle s’en fout et elle a bien raison.

Loulou a bien d’autres soucis en tête, surtout en ce moment. Chez elle, depuis quelques temps, il se passe des choses étranges. Des choses qui l’empêchent de s’adonner à ses passe-temps favoris, qui sont l’écriture, les ballades dans la nature, à pieds ou avec son beau vélo tout neuf.

Tout a commencé il y a une quinzaine de jours. Loulou adore s’occuper de sa maison, la bichonner, l’embellir. Alors qu’elle rangeait, elle s’aperçut que des boîtes de DVD étaient vides, elle ne put remettre la main sur ses ballerines blanches. Pourtant elle était sûre de ne pas avoir touché à ses DVD depuis des lustres, elle posait toujours ses ballerines au même endroit. Elle retourna la maison dans tous les sens, mais ne retrouva rien. Etrange. Elle passa en revue les personnes qui étaient venues chez elle, mais personne ne vient plus la voir, ou si peu. Non franchement, elle ne voyait pas qui de sa voisine ou de son neveu, aurait pu lui faire cette farce.

Pourtant, elle oublia cet épisode, le mit sur le coup d’une étourderie (ce ne serait pas la première fois) ou bien il faudrait qu’elle se fasse à l’idée que sa voisine ou son neveu n’était peut être pas très honnêtes. Peu importe, ce n’était pas une affaire d’état.

Ce matin, Loulou a paniqué. Quand elle se lève, la première chose qu’elle fait, c’est foncer aux toilettes. Ses toilettes sont certainement sa pièce préférée, avec son joli papier peint vert et saumon, son porte papier hygiénique sur lequel elle empile les rouleaux et surtout, la pièce maîtresse : un porte rouleaux hygiéniques en tissu Liberty et dentelle qu’elle avait rapporté d’Angleterre et dans lequel sont placés trois rouleaux de papier, elle ne s’en sert jamais, ils sont juste là pour la déco. Mais ce matin, alors qu’elle était sur le trône, elle s’aperçut qu’un rouleau manquait.

Elle fût prise d’un vertige et sentit une sueur froide lui glacer la peau.

Elle ne pouvait imaginer une seconde que ce soit le fait de sa voisine ou de son neveu. Elle en oublia de prendre son petit-déjeuner. Perturbée, elle partit quand même travailler et n’y tenant plus, elle s’en ouvrit à sa collègue et amie Nana qui ...


dans un premier temps se demanda si Loulou n’avait pas épuisé son stock de neurones !

Puis Loulou, voyant le regard inquiet et compatissant de sa collègue préféra ne pas ébruiter trop l’affaire pour le moment. Le garder pour soi était difficile mais probablement plus aisé que rependre des rumeurs assassines. Son excentricité vestimentaire la plaçait déjà en porte-à-faux, il ne fallait pas donner le bâton à ceux qui rêvaient de le prendre.

Elle passa une journée au bureau, sans y repenser.

A la fermeture des bureaux, elle se pencha pour attraper son sac et pendant une fraction de seconde, une impulsion lui traversa tout le corps. Son problème du matin ressurgissait. Elle en eu la chair de poule.

Elle resta quelques secondes assise à son bureau, le temps de remettre ses idées en place et se décida finalement à rejoindre sa voiture au sous-sol.

Pendant le trajet du retour, elle se demanda ce qui pouvait l’attendre à la maison. Aurait-elle de nouvelles surprises ?

Elle se jura de faire abstraction des évènements du jour, sauf si cela devait recommencer. Et pour trouver l’appui de Nana, elle était dans l’obligation d’apporter une preuve de ce qu’elle pourrait avancer.



Oui, mais voilà, à peine arrivée chez elle, sitôt déshabillée et tout juste le temps de se prendre un petit remontant, histoire de, elle n’a qu’une idée en tête : vérifier qu’elle a bien cherché ce matin, on ne sait jamais.

Un peu de musique de fond histoire de se mettre le coeur à l’ouvrage et elle retourne dans son placard à chaussures, un vrai musée dans lequel sont alignées des pompes toutes plus excentriques les unes que les autres .

Loulou adore les chaussures entre autres accessoires vestimentaires et rien ne lui paraît trop kitch . Elle s’arrête sur une paire de boots, tout ce qu’il y a de branchées, en peau de serpent vert vieux-caca-d’oie qu’elle n’a pas mises depuis longtemps : "Tiens, j’les avais oubliées celles-ci, ça irait bien avec ma salopette mauve "....
Elle sort aussi la paire d’à côté, waouh, trop belles aussi, look rétro, bouts pointus, petits talons Louis xv revus et corrigés façon collection 2009...., "Tiens, j’vais les mettre demain celles-là" et en les prenant, elle aperçoit juste derrière ses petites ballerines blanches. Incroyable ! De toutes façons elles ne sont pas à leur place...!

Une relichette de porto s’impose avant de passer aux DVD.

Elle garde le plus facile pour la fin, les toilettes, histoire de ne pas se faire trop de frayeur d’emblée, car là, pas de doute, elle sera tout de suite fixée. Mettons que pour une fois, pour une fois seulement, elle se soit mélangé les pinceaux avec ses ballerines.

Et d’un pas décidé, le vieux porto préféré de sa feue mémé aidant, elle...



fonça vers les toilettes, avec la ferme intention de retrouver son rouleau manquant. Mais manque de chance pour Loulou, il n’y avait que deux rouleaux !
Complètement paniquée, elle se mit a débarasser avec vigueur le petit placard en bois qui était au fond des toilettes, cadeau de sa grande tante qui lui avait ramené d’Afrique . Mais impossible de retrouver le petit rouleau rose ! Ce n’était pas croyable, qui aurait pu le déplaçer ?
Son petit neveu ne venait jamais dans ses toilettes, qu’elle fermait à double tour après chaque passage, et la clef était toujours derrière le tableau au fond du couloir. La pauvre Loulou commençait à desesperer : sa maison serait-elle hantée ?
Elle se dirigea vers le placard, en pensant qu’une petite ballade a vélo allait lui faire oublier ses soucis, quand elle entendit frapper brusquement à sa porte. Elle regarda par la petite fenêtre du cagibi, et ce qu’elle découvrit la fit frémir d’épouvante ...



Un policier se tenait devant la porte d’entrée, portant la main à son front pour tenter d’apercevoir l’intérieur de la maison sans que les reflets du grand carreau de la porte ne le gênent. Dans sa main gauche, le fameux rouleau de papier hygiénique, et sous son bras, ce qui lui semblait être quelques dvd, sans leur boîtier !!!
Tétanisée, elle se demandait si elle allait aller ouvrir la porte, mais elle ne pouvait faire un pas, et s’écarta de la petite fenêtre du cagibi, trop visible de la porte d’entrée. Le policier martela à nouveau sa porte, et en l’absence de réponse, résolut de retourner à son véhicule, après avoir déposé le rouleau de papier hygiénique et les disques par-dessus.
Elle attendit quelques secondes après le départ du policier, courut à la porte d’entrée, l’ouvrit, s’accroupit pour ramasser les objets de toutes ses inquiétudes, quand elle s’aperçut qu’il ne s’agissait pas du même papier hygiénique : celui-ci était rose également, mais beaucoup plus fin, et les dvd n’étaient pas de la même marque que les siens. Un sentiment de malaise la submergea, et elle eut la nausée ; un frisson des plus désagréables lui courut le long du dos.
Il n’y avait pas un mot dans la boîte aux lettres, pas de carte non plus ; si seulement elle avait ouvert à ce policier, au moins en aurait-elle appris un peu plus... Mais pourquoi la police ?

Soudain elle se demanda si les disques - qui n’étaient donc pas les siens - étaient au moins gravés. Elle se dirigea vers le lecteur au fond du salon et, comme elle l’allumait, sursauta comme si elle avait pris une décharge d’électricité : le téléphone sonnait ... Elle en lâcha les disques et le papier, dont le rouleau se dirigea en se déroulant sous le canapé. Elle resta figée un instant, puis s’approcha de la petite table d’où provenait à présent son angoisse. Elle s’apprêtait à décrocher quand le téléphone se tut...

 Youpala - MDR, j’imagine bien le policier avec un rouleau de pq devant la porte !

C’en était trop ! Elle se laissa tomber sur le canapé, et dirigea machinalement sa main vers la bouteille de porto sans se donner la peine de prendre un verre elle approcha la bouche du goulot ,seules quelques gouttes lui parvinrent , la bouteille était vide. Décidemment rien ne lui était épargné même pas le secours d’un remontant pour déjouer tous ces mystères. Elle reposa la bouteille sur la table basse et machinalement la fit tourner entre ses doigts un peu hypnotisée par les mouvements de va et vient, elle crut d’abord à un effet d’optique quand elle aperçut sous l’étiquette à demi déchirée une large bande rouge où elle déchiffra ces mots inquiétants : ne pas dépasser la dose prescrite, à utiliser exclusivement sur préscription médicale et ne milieu hospitalier...Le porto de feue sa mère ! morte depuis 3 ans la pauvre chère âme ! dans un état de semi folie après plusieurs séjours à l’hopital, elle avait fini ses jours ici dans son lit avec les soins d’une infirmière qui lui administrait piqûres et médications. Elle revoyait la petite table de nuit et les pots d’onguent, et les boites de gaze et....non...ce n’était pas possible...la BOUTEILLE !
LA BOUTEILLE au porto, c’était elle , elle la reconnaissait précisémment ; 1 verre matin et soir avait dit l’infirmiière.Il s’agissait d’un puissant hypnotique qui mélangé au porto était sensé mettre sa pauvre maman dans un état d’hypnose pour soulager ses derniers moments ! C’est à cette même bouteille qu’elle se réconfortait depuis ...depuis...tous ces évènements bizarres ! et si...et si...



Bien sûr, il y avait certainement un rapport... Mais quand même, ce n’était pas la bouteille-dite de porto- qui avait fait cesser la sonnerie du téléphone !! Et le policier venu déposer à sa porte des DVD et un rouleau de PQ, il n’était pas sorti non plus de la bouteille !!Il allait quand m^me bien falloir évoquer tout ça avec un ou une confidente. Toute seule, elle n’arriverait pas à éclaircir le problème, c’était certain. Mais alors, il allait falloir le ou la chercher avec beaucoup de circonspection, ce ou cette confidente... Elle essayait de reprendre ses esprits, prenait de grandes respirations, se remémorait toutes les techniques apprises pour retrouver son calme. Et ça, de ces techniques-là, elle n’en manquait pas. Elle en avait fait l’apprentissage d’une bonne dizaine, mais les oubliait à mesure. Mais prendre le temps de les retrouver, ce serait en perdre, du temps !! Il valait mieux s’en tenir à la plus simple...



AGIR ! Son esprit commençait à s’emplir d’un liquide verdâtre, aux remous dévastateurs, pendant qu’un grattement continue lui titillait l’oreille droite.
"Je dois rester ferme !" se dit-elle tout à coup.
"droit dans mes bottes !"
"Où est-ce que j’en suis ? Ah oui ! la bouteille ! Bon, il va falloir s’en débarrasser ! Où est la poubelle ? Heu ! là ! Mais qu’est-ce que c’est que cet appart ?" Loulou ne reconnaissait plus rien de son joli "chez soi". Le lit de chez Ikéa et la commode qu’elle avait ramassé au coin de la rue Matisse ? Mais où étaient passés ses meubles ? Elle entendait en fond de pièce le cliqueti régulier d’une horloge à ressorts, mais les dimension de sa chambre avaient triplé, et le planché tanguais dangereusement sous ses escarpins "Marie Antoinette".
"Bon ! il est temps d’appeler Suzette !"
Suzette, c’était sa bouée de sauvetage en cas de pénurie de neurones. Une sorte de "madame je sais tout" du système D.
Elle ouvrit la fenêtre en grand, dans un geste plus qu’incertain, et se pencha ou plutôt s’affala sur sa jardinière de Géraniums. Mais au moment d’appeler sa voisine,



C’est génial.


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